Comme déjà 4 millions de Français en une semaine, je suis allé tater du
"Bronzés III". Juste un mot sur l'objet de la démarche, que je suppose similaire pour beaucoup : passer un moment de détente et d'humour à la française.


Et bien cette séance ciné, elle m'a vraiment fait penser à une soirée au saumur rouge froid avec mes cons.
Je m'explique, vous avez tous des cons qui vous entourent, et qui ne sont qu'à vous.
Imaginez-les autour d'une table bancale, dans un troquet sombre où "les tranches de saucisson c'est trop demandé" donc on se rabat sur les "cahouettes goût Jacob Delafon".
Rajoutez à cela le taulier affable, qui nous propose son "p'tit Saumur qui va bien", et qui a eu la bonne idée de le laisser en haut du frigo depuis plus de 3 mois, et nous amène la bouteille dans un seau de glace

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Cà y est, vous visualisez ?
Alors on commence le film, comme on boit la première gorgée du vin glacé : la première sensation est l'étonnement.
De jolis paysages, mer turquoise, popeye bronzé et parfums de vacances qui tranchent agréablement avec la météo hivernale actuelle. Les premières répliques font mouche, on sourit et on s'enfonce un peu mieux dans le siège.
Idem pour le vin, c'est rafraîchissant et l'arrière-goût suffisamment fort pour savoir qu'on ne boit pas un tango. A cet stade, on se dit que plus on va en boire, meilleur il paraîtra

On continue sur la lancée du film, comme chacun de mes cons finit sa première bouteille : çà devient lourd, très lourd même.
La plupart des dialogues sont surjoués. Clavier est infernal, Lhermitte absent, Lavanant sonne faux tandis que Chazel tente le tout pour le tout pour être LA star du film, reposant sur ses implants.
Les gros plans montrent à quel point le "splendid" des années 80 ne mérite plus son nom, et on se régale des raccords-maquillage et autres signes extérieurs de vieillesse montrés de façon si impudique.
Dans le troquet sombre, c'est pareil. Les cons qui paraissaient marrants tout à l'heure ricanent à présent pour rien, grimacent mollement et débitent des histoires sans queue ni tête. Le saumur commence à mal passer, entre l'aigreur qu'il laisse dans la gorge et son parfum trop riche pour en abuser. Mais c'est déjà trop tard.

Alors on se demande comment va finir la soirée, on voudrait tout arrêter là et partir mais on ne le fait pas.
Par dépît, on s'attelle à la dernière 1/2 heure du film et on re-commande une palanquée de bouteilles.
Le dénouement du film est juste ridicule. Entre le jugnot hyper théatral qui nous rejoue le père noël, le dépressif chronique JC Dus, ou Lamotte sous tranxen, on trépigne sur son siège d'impatience que çà finisse.
Idem dans le troquet, où la dernière pause pipi, le front collé sur le mur pour cause d'avinage caractérisé et seul devant la glace on se dit :
"Mais qu'est-ce que je fous là ?"
Alors on passe à l'addition, 35 millions d'euros pour le film, 60 euros par tête dans mon troquet sombre. Trop cher, beaucoup trop cher pour ce que c'est.
Quoiqu'il en soit, les derniers restes des 2 soirées finiront au même endroit dans le grand cerceau blanc :
